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L'armée verbalise les automobilistes
L'armée a été appelée en renfort de la police dans les grandes villes du royaume.

Scandaleux: l’armée lui colle un PV et embarque son véhicule !

BRUXELLES – En stationnement dans le quartier du Sablon à Bruxelles, Gino a vu son véhicule verbalisé par… un para-commando. Malgré ses réclamations, l’armée l’a embarqué manu militari.

Depuis quelques jours, plus de 150 militaires patrouillent en tenue kaki dans les rues de Bruxelles. Leur mission : épauler les forces de l’ordre dans leur lutte quotidienne contre le terrorisme. Mais où s’arrêtent les règles d’engagement de nos forces armées ? C’est ce qu’a pu vérifier Gino Stagioni, livreur de pizza dans le centre de Bruxelles.

Il est 11h45 ce lundi 19 janvier lorsque Gino gare sa camionnette de service dans la rue Ernest Allard, non loin du Sablon, pour sa première course de la journée. A son retour, il est accueilli par deux para-commandos lourdement armés qui lui demande les papiers de son véhicule. Surpris, Gino se sent obligé de leur tendre la petite farde en faux cuir de son Peugeot Partner. Pas de chance pour lui : sa carte verte est périmée depuis 2012. Je le reconnais bien volontiers, je ne suis pas en règle avec l’assurance depuis quelques années, confie le livreur au micro de la PH, mais je n’étais pas particulièrement inquiet. Sauf erreur de ma part, l’armée n’est pas habilitée à verbaliser ce type d’infractions, ajoute-t-il… visiblement à tord.

En effet, constatant l’invalidité de ses papiers, l’un des deux militaires colla immédiatement un procès-verbal kaki sur le pare-brise de la fourgonnette et utilisa sa radio pour contacter son poste de commandement. Je n’en croyais pas mes yeux, le militaire appelait des renforts, nous raconte Gino. On se croyait en 40 ! Le livreur eût beau leur expliquer qu’ils n’avaient pas le droit de se substituer à la police, les militaires n’ont rien voulu savoir. Quelques minutes plus tard, un char Leopard débarquait de la rue Van Moer tandis qu’une jeep de l’armée remorquait le Peugeot Partner devant le livreur impuissant.

Interrogé par la PH, le porte-parole de la Défense a justifié l’intervention des para-commandos par un décret régional « autorisant l’armée à faire usage de la force sur la voie publique en cas d’infractions grave ou de troubles à l’ordre publique« . Du côté de la ville de Bruxelles, on se félicite également de cette opération. Depuis les récents événements et la mobilisation sans précédent de nos forces de police, nous n’avons plus les moyens humains et financiers pour contrôler les automobilistes, indique le porte-parole du bourgmestre PS de Bruxelles, Yvan Mayeur.

Gino sera jugé le 26 janvier devant un tribunal civil d’exception. Il risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement dans le quartier pénitentiaire de la base de Florenne.

Crédits photo : ©BELGAIMAGE

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