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Atteint d’une maladie rare, il bouche les toilettes de son entreprise et doit démissionner
Atteint d'une maladie rare, Robert a été contraint de quitter son travail.

Atteint d’une maladie rare, il bouche les toilettes de son entreprise et doit démissionner

REPORTAGE – Robert Cabochon n’en revient toujours pas. Comptable dans le siège bruxellois d’une grande société de télécommunication depuis près de 30 ans, il a été contraint de remettre sa démission sous la pression de plus en plus insoutenable de sa hiérarchie et de ses collègues.

Les raisons du harcèlement dont il se dit victime ? « Un problème de tuyauterie », nous confie Robert avec un brin d’ironie. Depuis une quinzaine d’années, Robert souffre en effet du syndrome de Gilbert de la Cuvette, une maladie rare et incurable de l’intestin grêle caractérisée par une intense activité intestinale compulsive. Seuls quatre cas sont recensés en Belgique.  « Ce n’est pas de l’incontinence », nous précise le quinquagénaire, « c’est pire ! Certains jours, je dois me rendre jusqu’à trente fois aux toilettes ». Raillé par ses collègues depuis qu’il a révélé sa maladie, discriminé par sa hiérarchie, Robert a fini par jeté l’éponge.

« Au début, pour brouiller les pistes, j’utilisais chaque fois une toilette située à un autre étage de la tour. À la fin, on m’en avait carrément attribué une. »

Par pudeur, Robert n’a pas souhaité en informer ses collègues et sa hiérarchie lorsque la maladie a été diagnostiquée. Pendant plusieurs années, il a brouillé les pistes en utilisant les commodités des autres départements de manière alternée, allant même jusqu’à utiliser les toilettes publiques de la gare du Nord, non loin de son bureau.

C’est en 2002, suite aux attentats du 11 septembre, que tout a basculé pour Robert. Afin de renforcer la sécurité et de contrôler les accès aux étages, l’employeur a implémenté un système de badgeuse dans la tour. « Pour moi, c’était pire que le World Trade Center », nous confie le malheureux. Toutefois, grâce à son ingéniosité, il a malgré tout réussi à masquer sa maladie pendant douze années supplémentaires. « Mes collègues directs ont rapidement commencé à se plaindre de l’état et de l’indisponibilité des WC. Fort heureusement, la direction a mis une douzaine d’années pour remonter jusqu’à moi. Au départ, je me plaignais aussi des toilettes auprès de mes supérieurs, précise-t-il en riant.

Ce n’est qu’en janvier de cette année qu’une caméra de surveillance installée à l’entrée des toilettes de l’étage a finalement permis d’identifier Robert. Convoqué par ses supérieurs, le comptable a fini par révéler sa maladie et, grâce à l’intervention du conseiller en prévention et des syndicats, un WC supplémentaire a rapidement pu être installé sur le plateau du département. Mais pour Robert, le soulagement fût de courte durée, « comme toujours », ajoute-t-il avec beaucoup d’humour.

Faute de place, une partie de la cantine a en effet dû être sacrifiée, attisant un peu plus la rancœur du personnel à son égard et les appréhensions vis-à-vis de sa maladie. Poussé vers la sortie, Robert a finalement claqué la porte. Avec ses indemnités, il envisage à présent la création d’une association dédiée à l’aide aux personnes atteintes de son syndrome.

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